
L'intelligence artificielle commence à changer ce qu'une mammographie peut faire. Elle peut estimer le risque de cancer du sein à court terme, et pas seulement détecter des tumeurs.
Lors de la réunion scientifique annuelle de la European Society of Breast Imaging (EUSOBI) à Aberdeen, en Écosse, des chercheurs ont présenté de nouvelles preuves. La réunion s'est tenue avec la British Society of Breast Radiology.
Pour le Maroc, c'est une voie réaliste. La mammographie fait déjà partie des soins de routine dans de nombreux sites. La question est de savoir comment transformer les images en meilleures décisions, en toute sécurité.
Le dépistage à intervalle fixe est simple, mais il est peu ciblé. Il peut sur-dépister certaines femmes et en sous-dépister d'autres.
Mikael Eriksson (Karolinska Institutet) plaide pour un horizon temporel plus resserré. Le modèle vise une fenêtre cliniquement actionnable, pas une probabilité sur l'ensemble de la vie.
S'il est validé, le même examen de mammographie fournit deux sorties. La première est le compte rendu du radiologue. La seconde est un score de risque qui peut déclencher un parcours différent.
Les modèles traditionnels utilisent l'âge, les antécédents familiaux et d'autres données cliniques. Ils peuvent être bien calibrés pour de grandes classes de risque populationnel.
Eriksson soutient qu'ils échouent en dépistage de routine parce que les données d'entrée sont manquantes ou incomplètes. Il met aussi en garde contre des performances inégales selon les sous-groupes ethniques, ce qui peut créer des biais.
Selon lui, les principales frictions sont pratiques, pas théoriques. Les problèmes clés incluent :
Au Maroc, ces frictions peuvent être amplifiées par des dossiers fragmentés et la pression temporelle. Les signaux issus de l'imagerie pourraient réduire la dépendance à des questionnaires parfaits.
L'équipe d'Eriksson vise à réutiliser l'infrastructure de mammographie existante pour l'évaluation du risque. L'objectif est de prédire le risque dans une fenêtre à court terme qui modifie la prise en charge.
En pratique, les services de dépistage pourraient entreprendre trois actions. Chacune nécessite un protocole clair et une planification des capacités :
Ce n'est pas une décision clé en main. Les workflows doivent définir des seuils, des orientations et des responsabilités. Sans cela, un score devient du bruit.
Les cancers d'intervalle sont diagnostiqués entre deux cycles de dépistage programmés. Eriksson a noté qu'ils représentent environ 15–45% des cancers du sein.
Une stratégie de prédiction sur une fenêtre étroite est conçue pour réduire cette part. Elle accepte que des rappels supplémentaires puissent survenir, et que les effets indésirables doivent être gérés.
Pour le Maroc, les cancers d'intervalle se croisent aussi avec la logistique du suivi. Des rendez-vous manqués et une imagerie retardée peuvent transformer le risque en détection tardive. Un système de rappel guidé par le risque peut aider, mais seulement si les obstacles d'accès sont levés.
La densité mammaire augmente le risque et rend la lecture plus difficile. Un tissu dense peut masquer des tumeurs en mammographie.
Eriksson a rapporté que le modèle IA détecte les femmes à haut risque indépendamment de la densité mammaire. Il a aussi soutenu qu'il surpasse les règles fondées uniquement sur la densité pour un dépistage de précision.
La présentation a également insisté sur les facteurs de confusion. L'IA peut apprendre des raccourcis liés à l'équipement, aux pratiques du site ou à la composition de la population.
Plusieurs modèles de risque basés sur l'imagerie sont désormais validés dans de multiples contextes de dépistage, avec des résultats prometteurs. Mais la calibration et le suivi locaux restent importants.
Le principal obstacle, selon Eriksson, est l'existence de recommandations cliniques étayées par des essais. De bonnes performances de modèle ne suffisent pas à elles seules.
Les essais doivent mesurer les résultats, pas seulement le nombre de détections. Les principaux critères de jugement incluent :
Les recommandations devraient aussi couvrir la communication avec les patientes. Les scores de risque changent la façon dont les personnes perçoivent leur santé. Au Maroc, la communication doit fonctionner dans des contextes arabophones, francophones et amazighs.
Un pilote marocain peut commencer petit et rester rigoureux. Utiliser quelques sites, un seul workflow et des critères de jugement clairs. N'étendre qu'après des résultats prospectifs.
Le Maroc dispose déjà d'un cadre de protection des données. La Loi 09-08 et la CNDP encadrent la manière dont les données de santé peuvent être traitées et partagées.
Au-delà de la confidentialité, quelques mesures de politique publique peuvent accélérer une adoption sûre :
Dr Ritse Mann (Radboud University Medical Center / Netherlands Cancer Institute) s'est concentré sur l'IA pour la prédiction de la réponse et le diagnostic. Il y voit une opportunité en or, mais aussi un chantier clairement en cours.
L'IA basée sur l'imagerie pourrait améliorer la prédiction de la pCR (réponse complète pathologique) par rapport aux seules caractéristiques cliniques. Mann a décrit l'effet, jusqu'à présent, comme modeste.
Si les preuves se consolident, les implications sont importantes. Parmi les possibilités à fort impact :
Pour le Maroc, ce sont des objectifs à moyen terme. Ils dépendent d'une imagerie cohérente, du suivi des résultats et de parcours d'oncologie multidisciplinaires.
La prévision du risque à court terme basée sur l'IA pourrait rendre le dépistage du cancer du sein plus adaptatif. Elle pourrait allouer l'imagerie complémentaire à celles qui ont le plus de chances d'en bénéficier, et réduire les cancers d'intervalle.
Le Maroc peut se préparer dès maintenant avec des pilotes, une gouvernance et une validation locale. L'objectif est d'obtenir des résultats mesurables et une confiance durable, pas de la nouveauté.
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